Maxime Roy

Maxime Roy a grandi à Rennes et aime bien les chewing-gums. C’est peut-être un détail pour vous mais pourtant ça veut dire beaucoup. Imaginez un chewing-gum préalablement machouillé, coincé entre votre pouce et votre index : rapprochez le pouce de l’index, puis éloignez le pouce de l’index. Ainsi saisi le chewing-gum se tend, se détend, se reforme. Un début de méditation commence. Ce sera la pâte à pain pour les musclés, la machine à guimauve pour les contemplatifs, les vers grouillants pour les indécents. Maxime
Roy, lui, exploite toutes les matières. Il met en image cette fascination obsédante pour le remou infini. Il est dessinateur prolifique, psychédélique weirdo. Il fixe l’insaisissable gluanterie dans des motifs. La fumée est attrapée dans des formes stylisées et il en ressort une impression de mouvement perpétuel. Des figures humaines orchestrent parfois cette débauche d’enchevêtrements. Il y a des trous partout dans ses dessins, alors la matière
s’échappe, et tout est sans dessus et sans dessous ! Le néant est hors-champ, on l’aperçoit dans les fissures. Maxime Roy mélange à merveille le glauque et le mignon, ce qui le rend proche de Winshluss. Il utilise quasiment toutes les couleurs du spectre, se limite un peu quand il sérigraphie. Il réalise des dessins pour Gonzaï, pour Retard et des affiches pour des labels, des salles de
concert. Concours de circonstances, cette année il met sa pâte au festival Art Sonic, et réalise un Buzz Pack recto-verso, une première. Il est temps d’aller manger une crêpe pour se reposer. Maxime Roy se déplace et se délasse à vélo. A la fraîcheur du soir il se balade dans son parc aux fontaines Play Doh. Il admire la pâte à modeler colorée qui fait ses loops, et ses bonds, lascive. Get it together des Beastie Boys sonne dans ses oreilles et il harmonise ce ballet comme le bon vieux roi soleil. Avec ses mille tentacules, c’est un mécanicien des fluides hors pair.


Ecouter Get it together des Beastie Boys
Travail de Maxime Roy
Portrait publié dans le Buzz Pack 46 en juin 2017 (Caen)
Ecouter le portrait lu, un montage sonore de Louise Ganot