Roca Balboa

Roca Balboa habite et arpente Paris-réel, Paris-télé, de son regard qui clignote rose – vert menthe – jaune : son tiercé gagnant. Elle est dessinatrice existentielle pop extraterrestre, trash banane. C’est-à-dire qu’une tortue avec un bandana et un immense sourire peut se retrouver sur sa feuille de papier avec un Popples qui égorge un nuage décontracté. Elle ne serait pas contre avoir un jour sa propre série sur la chaîne de dessins animés (trop adultes pour les enfants) Adult Swim, aux côtés de son cher Super Jail. On la retrouve sur divers formats de papiers imprimés (revues, affiches, pochettes…), on la trouve aussi sur Retard Magazine, elle est un des noyaux durs de l’équipe. Elle y illustre des articles, et s’avère être la bricole-girl des soirées et évènements dudit magazine web. Dans Retard, on peut lire aussi bien des articles sur les boobs que sur le métier d’accompagnateur social de demandeurs d’asile, sous une forme de journalisme littéraire assez salé. Bien sûr qu’elle se sent proche des luttes féministes, il y a encore beaucoup à faire, dit-elle, en versant de la lessive dans une fontaine. De la mousse se forme frénétiquement. S’il y a un monstre dans la Seine il se nourrit de caddies, et savez-vous qu’elle tatoue aussi ? Elle tatoue des dessins qu’elle ne dessinera qu’une fois, sur des peaux de gens qu’elle ne verra peut-être qu’une fois. Moments bizarres plutôt que magiques. La magie, elle la réserve pour ses projets personnels de tiroirs, ceux pas loin des bondieuseries et autres objets effectivement affectifs. La mousse déborde sur le trottoir, les bulles éclatent et Enjoy the silence de Depeche Mode se fait entendre dans les hauts-parleurs. Devient soyeux le plus belliqueux des regards que Roca Balboa croise et attrape avec son crayon à papier jaune (celui avec un gros smiley et une gomme en forme de coeur). #ouimonpetitchat


Ecouter Enjoy the silence de Depeche Mode
Dessin de Roca Balboa
Portrait publié dans le Buzz Pack 39 en octobre 2016 (Caen)
Ecouter le portrait lu, un montage sonore de Louise Ganot